
Le 16 avril 2026, le CNRS a annoncé les 26 médailles d’argent et 46 médailles de bronze qu’il va décerner en 2026, une reconnaissance importante pour celles et ceux qui font avancer la Science.
Virginie Chamard, physicienne spécialisée dans l’imagerie par diffraction cohérente aux rayons X appliquée à l’étude de la biominéralisation est Directrice de Recherche au CNRS et chercheuse dans l’équipe COMIX du laboratoire. Elle recevra en fin d’année la Médaille d’argent du CNRS qui

Son parcours : Virginie Chamard est chercheuse au CNRS depuis 2003. Après un doctorat à l’Université Joseph Fourier à Grenoble, elle se spécialise dans l’utilisation des rayons X cohérents. Son parcours la conduit successivement à l’ESRF (synchrotron européen), à l’Université de Dortmund (Allemagne), au laboratoire Simap (Grenoble), puis à l’IM2NP (Marseille), avant de rejoindre l’Institut Fresnel en 2008. Elle y est aujourd’hui directrice de recherche CNRS et a co-fondé l’équipe COMiX. En 2016, elle obtient un ERC Consolidator Grant pour le projet 3DBioMat, consacré à l’exploration des mécanismes de biomineralisation par microscopie cristalline 3D aux rayons X. Ce projet marque un tournant dans sa carrière, orientant une part croissante de ses activités vers la compréhension des systèmes biologiques minéralisés. Elle collabore avec la plupart des grands synchrotrons mondiaux : Grenoble, Paris, Hambourg, Oxford, Chicago et Lund.
Les travaux de Virginie Chamard visent à explorer les propriétés cristallines des matériaux nanostructurés. Elle développe des méthodes d’imagerie 3D basées sur l’inversion des intensités diffractées aux rayons X. Sa contribution majeure est la mise au point de la Ptychographie de Bragg 3D, démontrée pour la première fois en 2011, qui permet de cartographier quantitativement en trois dimensions les champs de déformation cristallins avec une résolution nanométrique — dépassant ainsi les limites de l’imagerie de diffraction cohérente conventionnelle et de la microscopie électronique en transmission. Ses travaux couvrent un large spectre applicatif : nanofils semi-conducteurs, alliages métalliques, matériaux pour l’énergie ou la micro-électronique. Plus récemment, elle a démontré l’impact transformateur des sources synchrotron de 4ème génération sur les performances de la ptychographie de Bragg, ouvrant la voie à des études in situ et operando de systèmes cristallins complexes.

C’est vers la biominéralisation que ces développements méthodologiques trouvent l’une de leurs applications les plus ambitieuses et les plus actives. Virginie Chamard y développe des approches pour décrypter les mécanismes de formation des structures minéralisées complexes produites par le vivant – des organismes calcifiants marins, tels que les mollusques ou les coraux – et sources potentielles d’inspiration biomimétique. Cette thématique est aujourd’hui au cœur de ses activités de recherche.
L’ensemble de ces travaux est mené en étroite collaboration avec plusieurs chercheurs de l’Institut Fresnel et des spécialistes internationaux de la biominéralisation et de l’imagerie X.

