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Dans le contexte de l’épidémie mondiale de COVID19, certains patients présentent des plaintes fonctionnelles persistantes après guérison pourtant apparente de l’infection aiguë.

La réalité cérébrale des symptômes du COVID long révélée en imagerie TEP métabolique

Dans le contexte de l’épidémie mondiale de COVID19, certains patients présentent des plaintes fonctionnelles persistantes après guérison pourtant apparente de l’infection aiguë. Ce « COVID long » peut notamment être associé à de la fatigue, de l’essoufflement, des troubles de la cognition (attention, mémoire, concentration), des troubles du sommeil, des douleurs et des troubles de l’odorat et du goût (anosmie, agueusie).

L’équipe IMOTHEP de l’Institut Fresnel vient de publier dans l’European Journal of Nuclear Medicine & Molecular Imaging, en collaboration avec l’IHU Méditerranée Infection, une étude du métabolisme cérébral en TEP au 18F-FDG portant sur 35 patients avec un diagnostic biologiquement confirmé d’infection COVID19 et des plaintes fonctionnelles persistantes au moins 3 semaines après l’épisode initiale (3 mois en moyenne, et jusqu’à 5 mois), en comparaison de 44 sujets sains non infectés. Cet examen permet de mesurer la consommation cérébrale de glucose qui constitue un marqueur du fonctionnement cérébral global. Ce travail fait suite à un premier article publié dans le même journal en juillet 2020 par l’équipe IMOTHEP. L’analyse réalisée voxel-à-voxel sur cerveau-entier identifie un hypométabolisme touchant le bulbe olfactif et les régions connectées du système limbique vers le tronc cérébral et le cervelet, avec une classification correcte de tous les sujets sur la base de ce biomarqueur de neuro-imagerie fonctionnelle. Ces régions sont notamment impliquées dans l’olfaction, la mémoire, la régulation des émotions, et les fonctions non soumises au contrôle volontaire (système nerveux autonome). La sévérité de cet hypométabolisme cérébral était corrélée au nombre de troubles persistants, et associée aux différents symptômes étudiés. Ces formes persistantes étaient par ailleurs plutôt associées à un âge jeune, sans lien avec la gravité initiale de l’infection. Une faible représentation de patients tabagiques étaient également notée dans l’étude. De façon plus préliminaire, l’hypométabolisme du bulbe olfactif semblait être rattaché aux récepteurs ACE, avec un meilleur métabolisme chez les patients initialement traités par spray décongestionnant, suggérant un possible rôle de ces récepteurs comme passerelle olfactive du neurotropisme (du nez et de la sphère ORL vers le cerveau).

Ces résultats montrent la réalité cérébrale des symptômes du Covid long, et valident le ressenti des patients. En perspectives, ces travaux pourraient suggérer de nouvelles études pour démontrer l’intérêt du traitement précoce de l’infection et l’inflammation de la sphère ORL, afin d’éviter une possible extension secondaire du processus pathologique vers le cerveau. En l’absence de lésion structurale séquellaire démontrée à ce stade en imagerie morphologique (notamment en IRM), ces résultats pourraient également suggérer des approches de réactivation de ce réseau cérébral hypofonctionnel par des stratégies de rééducation et réadaptation sensorielle, cognitive et physique. Le suivi longitudinal de ces patients est en cours pour affirmer la réversibilité ou la persistance de ces anomalies du métabolisme cérébral à 9 mois.


Figure : Hypométabolisme cérébral retrouvé en TEP au 18F-FDG chez les patients présentant un COVID long. En comparaison de sujets sains sans antécédents d’infection au COVID19, les patients avec un COVID long présentaient un hypométabolisme du bulbe olfactif et des régions limbiques connectées, jusque vers le tronc cérébral et le cervelet.

Références :

  • 18F-FDG brain PET hypometabolism in patients with long COVID. Guedj E, Campion JY, Dudouet P, Kaphan E, Bregeon F, Tissot-Dupont H, Guis S, Barthelemy F, Habert P, Ceccaldi M, Million M, Raoult D, Cammilleri S, Eldin C. Eur J Nucl Med Mol Imaging. 2021 Jan 26:1-11. Doi : 10.1007/s00259-021-05215-4.
  • 18F-FDG brain PET hypometabolism in post-SARS-CoV-2 infection : substrate for persistent/delayed disorders ? Guedj E, Million M, Dudouet P, Tissot-Dupont H, Bregeon F, Cammilleri S, Raoult D. Eur J Nucl Med Mol Imaging. 2021 Feb ;48(2):592-595. Doi : 10.1007/s00259-020-04973-x.

Affiliations : Aix Marseille Univ, APHM, CNRS, Centrale Marseille, Institut Fresnel, Hôpital de la Timone, CERIMED, Service de Médecine Nucléaire, Marseille, France

Partenaires : AMU, CNRS, Centrale Marseille, APHM, IHU, Institute Marseille Imaging, Institut Fresnel, IMOTHEP team, CERIMED, Service de Médecine Nucléaire, Hôpital Timone

Mots-clés : TEP, 18F-FDG, SARS-CoV-2, Coronavirus, Covid-19, COVID long, anosmie, agueusie, fatigue, dysautonomie, douleur, dyspnée, plaintes cognitives, troubles de la mémoire, troubles de la concentration

Contact : eric.guedj@univ-amu.fr

REVUE MEDIA
- Article paru dans Le Monde du 18 février 2021 "A Marseille, des pistes thérapeutiques pour les Covid longs"
- Article "Enquête sur les mystères du Covid long" paru dans La Provence du lundi 8 février 2021
- Article "Covid-19 : vers la reconnaissance d’une forme longue chez les enfants" dans la Revue Sciences et Avenir du 13 février 2021
- Chronique Audio sur RTL le 9 février 2021 : Podcast à réécouter sur le site web de l’AP-HM, rubrique "Revue de Presse"
- Article"Covid-long : ce qui va changer pour les malades" paru dans le magazine Notre Temps du 12 février 2021
- Article "Covid long : les enfants et adolescents aussi sont touchés" sur France Info TV du 16 février 2021
- Chronique Radio sur France Info dans le 5h/7h du 16 février 2021 (Le billet Sciences) : Podcast à réécouter sur le site web de l’AP-HM, rubrique "Revue de Presse"
- Reportages TV puis Interview de Brigitte Milhau sur le COVID long sur le 6/9 de CNews le 17 février 2021 - Replay à 02:10:30 à 2:15:04
- Reportage TV sur France 3 Région dans le 12/13 du 17 février 2021