Ce travail a été initié en collaboration avec Daniel Maystre et Boris Kuhlmey (ce dernier a effectué sa thèse dans notre équipe de recherche) . Nous avons modélisé des fibres en cristal photonique1 en généralisant une méthode modale développée au sein du laboratoire il y a quelques années. Nous avons collaboré étroitement avec l'équipe du professeur Mc Phedran du département de Physique de l'Université de Sydney en Australie.
Nous sommes désormais capable de modéliser, grâce à notre méthode modale, des fibres optiques microstructurées (f.o.m.) complexes avec des inclusions circulaires en tenant compte du caractère fini de la section de la fibre. Contrairement aux méthodes classiques dite "des ondes planes": nous n'avons pas à périodier artificiellement la structure que nous modélisons. Nous pouvons ainsi calculer de façon précise les pertes modales pour les fibres optiques microstructurées. Par rapport aux méthodes de propagation des rayons, nous n'avons pas à extraire a posteriori les modes et leurs propriétes des résultats numériques puisque par construction notre formulation nous fournit les modes de la structure. Avec ces méthodes, le calcul des pertes est possible mais la distance de propagation requise croissant avec la dimunution des pertes, ceci peut poser des problèmes numériques avec les récentes f.o.m. à très faible pertes déjà réalisées expérimentalement.
Notre méthode peut aussi tenir compte de la gaine même si cette dernière est composée de plusieurs couches de polymères. Et, dans le cas de structures possédant des propriétés de symétrie, elle prend aussi en compte ces symétries afin de classifier les modes obtenus et afin d'éviter les calculs numériques redondants.
Dans les figures suivantes (réalisées avec le logiciel Scilab) 2 1(a), 1(b), et 1(c), |Ez|, |Kz|, et |Sz| sont représentés pour une fibres microstructurées à 6 trous. Les paramètres de la MOF sont les suivants :
,
,
,
nmatrix=1.45, et
njacket =nmatrix+10-8 i.
Outre leur capacité de contrôle de la dispersion chromatique, les fibres optiques microstructurées peuvent assurer une propagation monomode pour une très grande plage de longueurs d'onde. Nous avons pu établir, à la fois numériquement pour le cas vectoriel et semi-analytiquement dans le cas scalaire, la limite du régime de fonctionnement monomode de ces fibres et ceci pour tous les contrastes d'indice possibles entre la matrice vitreuse et les inclusions de bas indice.
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Nous avons aussi pu faire vérifier expérimentalement que nos prévisions concernant la longueur d'onde de transition monomode/multimode dans les fibres microstructurées à coeur plein étaient en très bon accord avec des mesures faites sur des fibres en silice à trous d'air fabriquées par Alcatel Marcoussis et caractérisées par nos collègues de l'X-Lim (D. Pagnoux, P. Roy). La méthode de mesure utilisée est très utile car elle est une adaptation d'une méthode utilisée pour les fibres conventionnelles ce qui devrait permettre sa diffusion dans la communauté des expérimentateurs.
Dans un premier temps nous nous sommes intéressés aux propriétés de contrôle de la dispersion chromatique des fibres microstructurées à coeur plein constituées d'inclusion de bas indice (simples trous la plupart du temps). Du fait de
leur vaste espace des paramètres (on peut en effet jouer sur la position et la forme des inclusions, ainsi que sur leur indice de réfraction), ces fibres offrent des possibilités inégalées. En utilisant la méthode multipolaire que nous avions développée avec l'équipe du Prof. Ross McPhedran de l'Université de Sydney, nous avons décrit pour des structures génériques, c-a-d faisant intervenir des inclusions de diamètres identiques, les propriétés de dispersion chromatique. Il s'est avéré que ces structures ne permettaient pas d'obtenir simultanèment de faibles pertes de guidage et une dispersion chromatique ultraplatte autour de 1.55
m, nous avons donc proposé un nouveau profil de fibre microstructurées, faisant intervenir des inclusions de diamètres différents, assurant conjointement ces deux propriétés. Ce profil novateur a été conçu afin d'être réalisable avec les contraintes actuelles de fabrication des fibres microstructurées.
Nous avons collaboré aussi avec l'IRCICA de l'Université de Lille (G. Bouwmans, M. Douay) sur des fibres microstructurées à bandes interdites photoniques (BIP) où les inclusions ont un indice de réfraction plus élevé que la matrice de la fibre: la fibre a une coeur plein mais d'indice plus faible que la région qui l'entoure. On parle aussi de fibres microstructurées de type ARROW. Cette collaboration nous a conduit à proposer une nouvelle interprétation du guidage au sein de ces fibres à BIP faisant intervenir des anti-croisements entre modes à fuites.
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Ce travail a permis de mieux comprendre certaines parties des spectres de transmission acquis par nos collègues de Lille. L'étude conjointe de ces fibres microstructurées de type ARROW se poursuit car d'autres observations restent néanmoins à expliquer.