Détection de changements

Pré-traitements nécessaires

    Avant de pouvoir appliquer une quelconque technique de détection de changements, il parait essentiel de pouvoir assurer qu'une comparaison est possible entre les deux observations, tant au niveau géographique (les images correspondent bien à la même zone observée), qu'au niveau qualité d'image (les observations ont été faites dans des conditions similaires). Le pré-traitement des images satellites est donc essentiel avant la mise en oeuvre des techniques de détection de changements.
    Ces pré-traitements sont nécessaires à cause des défauts inhérents à l'acquisition des données de télédétection. Ces défauts sont de nature diverse et nécessitent souvent l'utilisation de techniques spécifiques. De façon générale, les facteurs physiques associés à ces défauts sont facilement compréhensibles. On peut en citer quelques uns:

    • le premier point est la différence entre les types de capteurs utilisés (imagerie optique, infra-rouge, RSO, ...). Il apparaît clairement que deux observations faites avec deux types de capteurs différents n'auront pas les mêmes caractéristiques. En effet, certaines caractéristiques sont propres au type de capteur utilisé. De plus, l'utilisation de capteurs identiques n'assure pas forcément la génération d'images comparables. En effet, le vieillissement des capteurs, couramment appelé dérive temporelle des capteurs, principalement due à la fatigue des composants, est aussi un phénomène qu'il faut prendre en compte pour la détection de changements. De plus, pour les images radar qui sont issues de capteurs RSO différents, le bruit de Speckle (phénomène de chatoiement}), caractéristique des images RSO, est différent. Cela implique donc aussi une homogénéisation des données.
    • Pour garantir la qualité de la détection de changements, il faut aussi pouvoir certifier que les images étudiées correspondent à la même zone géographique. Ce pré-traitement, essentiel à la détection de changements, est appelé recalage d'images ou image registration. On parle couramment d'erreur de recalage ou mis-registration noise. De nombreuses études ont été menée sur l'influence du recalage d'images sur la précision du la détection de changements, montrant son importance, et le sujet à lui seul pourrait faire l'objet d'une étude approfondie. Les techniques de recalage étant assez complexes, variées, et fortement liées aux types de capteurs utilisés, nous ne nous attarderons pas plus sur le sujet.
    • Les instants d'observations étant souvent espacés de plusieurs mois, voire de plusieurs années, on ne peut pas garantir des conditions d'observations strictement identiques. Même si, dans notre cas, l'imagerie radar est indépendante des conditions climatiques et d'éclairement, et si la majorité des systèmes radar actuels ont une orbite synchronisée sur celle du soleil, certaines différences peuvent être observées au niveau de la réflectivité de la scène en fonction de la saison (saison sèche/humide).
    • D'autres facteurs entrent aussi en jeu lors de l'acquisition des images RSO: l'angle de l'observation de la scène (angle de visée) et le type de trajectoire du satellite (trajectoire montante/descendante) lors des différentes prises de vue. Une correction ou rectification (normalisation) de radiométrie (illumination et/ou réflectivité) est donc nécessaire afin d'homogénéiser les images entre-elles. De façon générale, les systèmes d'acquisition optiques/infra-rouge sont eux dépendants de l'ensemble des conditions d'acquisitions, comme l'angle d'éclairement de la scène, la densité de nuages lors des observations, ..., et les observations issues de tels capteurs nécessitent elles-aussi une rectification d'illumination et/ou de réflectivité.

    Les pré-traitements associés à ces facteurs sont donc de nature aussi diverse que les facteurs eux-mêmes; différentes méthodes peuvent donc mises en place pour corriger les défauts inhérents à chaque facteur. Le pré-traitement des images est, à lui seul, un sujet très vaste sur lequel nous ne nous attarderons pas plus.